Olga de Soto

(ELLE) RETIENT (titre de travail)
 
Un épilogue basé sur une enquête qui découle du travail de recherche, de documentation et de création réalisé par Olga de Soto ces dernières années, et dont le point de départ est l’impact qu’une des œuvres les plus politiquement engagées de l’histoire de la danse — La Table Verte de Kurt Jooss (1932) —, a eu sur des spectateurs l’ayant vue à différents moments de l’histoire et dans différents pays, ainsi que chez des danseurs l’ayant portée. Au fil des années, la chorégraphe a suivi des nombreuses pistes à la recherche de documents, de témoins, de traces et d’indices qui l’ont menée de la Belgique au Chili, en passant par l’Allemagne, les Pays-Bas, la France et l’Angleterre, dans un périple rythmé de multiples rencontres. Loin de s’être restreinte à la collecte de documents d’archives, les recherches de la chorégraphe mettent l’accent sur l’importance de la rencontre et du témoignage oral, dans un projet où elle part à la découverte de multiples histoires individuelles qui nourrissent et croisent notre histoire collective. Après la création de deux formes scéniques dans lesquelles Olga revisite l’œuvre de Jooss, la performance documentaire Une Introduction et Débords, elle décide cette fois-ci de se pencher sur sa propre mémoire et sur les traces qu’elle a gardées de toute cette expérience humaine.

Qu’est-ce que je garde? Quels sont les dépôts de cette quête? Quelles sont les traces laissées par toute cette recherche de documents, de noms, de témoins, de paroles? Quelles sont les traces laissées par ce long voyage et par tous ces visages? Quel est l’impact de ces multiples échanges et rencontres dans lesquelles les biographies des personnes interviewées, leurs histoires personnelles, se mélangent à l’oeuvre et à l’histoire collective? Qu’est-ce que ça veut dire de travailler, en partie, en cherchant des fantômes, se heurtant à des fantômes et entourée par eux? Se peut-il qu’un travail de recherche finisse par «coloniser» la personne qui l’entreprend? Quelles sont les traces qui restent? L’indice du contrecoup, du retentissement, de la trace laissée, de sa survie, dans la polarité existante entre le geste et la trace.
Un regard sur cette ligne de tension, présente dans mon travail, entre le geste destiné à laisser des traces (la constitution d’archives, la transmission orale enregistrée par une captation vidéo) et le geste du corps qui ne laisse pas de traces. — Olga De Soto

Biographie


Olga de Soto est chorégraphe, interprète chorégraphique et chercheuse en danse, née en Espagne et établie à Bruxelles depuis 1990.
Après une formation en danse classique, danse contemporaine et solfège dans son pays natal à l’École Supérieur de Musique et de Danse, ainsi qu’au Conservatoire Supérieur de Musique de Valence et Madrid, Olga de Soto s’est formée au sein de la prestigieuse école du CNDC d’Angers alors dirigée par Michel Reilhac. C’est au cours de ce cursus qu’elle fera des rencontres importantes, notamment celles du danseur et maître de ballet Hans Züllig, danseur fétiche auprès de Kurt Jooss et pédagogue à la Folkwang Hochschule d’Essen.
Elle fera également la connaissance de Susan Buirge, d’Elsa Wolliaston, d’Odile Duboc et de l’historienne, critique d’art et écrivaine française Laurence Louppe. De 2009 à 2012, Olga de Soto a été artiste en résidence aux Halles, à Bruxelles. Actuellement elle est en résidence administrative à Charleroi/Danses / Centre Chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En 2013, Olga de Soto a reçu le Prix SACD Spectacle Vivant pour l’ensemble de son parcours.

Conception, chorégraphie, documentation et interprétation – Olga de Soto
Création éclairages —  Philippe Gladieux
Création sonore – Mathieu Farnarier
Régie son – Eric Desjeux
Production et diffusion Claude Véron, Jill De Muelenaere

Production – Niels (Bruxelles)
Coproductions – Charleroi/Danses — Centre Chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles / Pôle Sud, Strasbourg / Le Phare, Centre chorégraphique national du Havre Haute-Normandie… (en cours)
Avec l’aide du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles — Secteur danse et de CK Zamek, Poznan.
Olga de Soto est conventionnée par le Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles — Secteur danse.

Répétitions du 14 au 25 septembre 2015 au Phare.
Création le 7 octobre 2015 à la Raffinerie à Bruxelles dans le cadre de la Biennale de Charleroi/Danses.

Image du spectacle