Loïc Touzé

Forme simple
 
Fanfare créé en 2015, m’a ouvert à de nouveaux
horizons compositionnels.
J’observe que les pièces à venir dans mon travail sont toujours un prolongement de la précédente. Ce qui n’était encore que bourgeonnant, peut devenir le cœur de la pièce suivante,
à condition de prendre le temps de comprendre ce que
cette pièce réalisée contenait de boutures cultivables.
Ce que Fanfare m’invite à poursuivre relève de questions formelles sur l’écriture du geste et sa complexité combinatoire, dès lors que plusieurs danseurs sont ensemble liés et en rapport à la musique. Là où la musique par son absence offrait d’une part
un formidable terrain pour le silence et le son,
mais aussi l’occasion d’un récit imaginaire tel que
proféré par une interprète tout au long de la pièce,
je m’aventure cette fois vers une œuvre immense appartenant depuis longtemps au Panthéon des pièces musicales
que la danse régulièrement fréquente.
Les Variations Goldbergoffrent un inépuisable territoire d’investigation pour le mouvement. Le travail de composition chorégraphique que j’entreprends, va en se confrontant à cette musique, approcher des gestes inédits tout en s’appuyant
sur ceux qu’elle fréquente déjà.
En choisissant cette notion de «variation», je veux regarder ce qui, dans le même geste reproduit autrement, fait dissemblance. Le renouvellement de l’attention perceptive
que l’on peut avoir d’une chose déjà connue,
construit de nouveaux rapports à l’existant.
Le lieu de la révolution du mouvement, si on prend la peine de s’en approcher, se situe entre l’impact et l’impulse dans le phrasé de chacun, il y a là un endroit fertile qui permet de réinitialiser la mémoire de son geste et de s’y engager à nouveau de façon inédite. Changer de position, changer la prise,
l’angle de vue, l’intention, le récit.
Danser c’est agir dans un espace, l’emprunter sans
le conquérir et aussi sans se l’approprier.
Ce qui m’attire dans cette musique ce sont autant les subtilités de
la fragmentation que la pulsation perpétuelle et implacable. 
La jubilation et la douceur de ces mélodies que tous nous connaissons, sont une énergie joyeuse inestimable. Je veux partager cela et danser, entraîné par ces élans, ces attaques, ces glissements, ce chant.
La contemporanéité de cette œuvre réside dans la manière qu’elle a de nous donner accès à un tissage temporel et génère un espace aux dimensions invraisemblables.
C’est là que nous séjournerons! — Loïc Touzé

BIOGRAPHIE


Loïc Touzé est danseur et chorégraphe. Il développe aujourd’hui son activité dans le cadre de l’association ORO implantée à Nantes dans le lieu Honolulu.
Il crée des pièces de danse, réalise des films, invente avec d’autres artistes des objets protéiformes, imagine des manifestations, dans une attention aigue aux gestes et aux récits. Il est souvent invité à participer à des projets pour le théâtre contemporain, le nouveau cirque, la musique. Il développe avec l’artiste Mathieu Bouvier une recherche depuis cinq ans autour de la notion de «Figure». Il enseigne à L’ENSA à Nantes et est invité régulièrement dans des écoles de Théâtre, d’Art et de Chorégraphie en France dans le monde dont La Manufacture de Lausanne et au sein de la formation PEPCC à Lisbonne.

Conception et chorégraphie Loïc Touzé
Musique Variations Goldberg de J-S Bach
Quatuor pour 5 interprètes Raphaëlle Camus, Madeleine Fournier, David Marques, Teresa Silva, NN
Création lumière Yannick Fouassier
Création sonore Eric Yvelin
Collaboration à la musique NN

Production ORO
Partenaires Centre chorégraphique national de Nantes, CDC-Atelier de Paris, Le Phare Centre chorégraphique national du Havre Normandie
Partenaires La Fabrique – Nantes, Montévidéo – Marseille
Répétitions au Phare du 22 mai au 2 juin 2017
Création mars 2018 au Lieu Unique à Nantes

Image du spectacle