Lisbeth Gruwez & Maarten Van Cauwenberghe

We're pretty fuckin' far from okay
 
Dans We’re pretty fuckin’ far from okay, Lisbeth Gruwez explore l’irrationalité de la peur : peur de la peur, qui empêche de vivre pleinement, le sentiment de consternation face à la condition humaine, de désarroi en amour. L’expérience de l’angoisse pure montre que nous nous sentons menacés. Mais la peur ne cache-t-elle pas aussi un désir secret? A l’instar de la peur du vide qui trahit notre désir de voler, la peur de mourir révèle notre aspiration à la liberté.
Lisbeth Gruwez part de ces questions pour sonder la peur dans le mouvement pur : elle transpose la sensation oppressante dans un spectacle qui coupe le souffle. La peur est un corps en transe, et l’homme y réagit instinctivement. We’re pretty fuckin’ far from okay est le troisième volet d’un triptyque sur le corps extatique (avec It’s going to get worse and worse and worse, my friend et AH/HA).
Après un solo et un travail de groupe, Voetvolk jette son dévolu sur un duo formé par la chorégraphe et par le performeur Nicolas Vladyslav, qui, en tant qu’acteur-mime «pense» de façon très physique. La peur, ou l’angoisse qui vient de «angustus», étroit. Là où nous sommes à l’étroit, nous avons peur. Quand on regarde des films d’horreur, c’est l’amygdale qui réagit, la centrale d’alarme dans notre cerveau. Et nul besoin de vivre véritablement le danger. Une simple image sur un écran d’ordinateur ou même l’évocation d’un abîme déchaînent tous les symptômes dans notre tête : notre respiration s’accélère, notre pouls aussi, nous nous mettons à suer… De même, ce que le spectateur verra sur scène déclenchera ses zones de peur. Des techniques respiratoires permettent d’augmenter la panique ou au contraire de la diminuer.
Artiste bruiteur, Maarten Van Cauwenberghe expérimente à coeur joie dans We’re pretty fuckin’ far from okay : la respiration accélérée, c’est littéralement sous les sièges du public qu’il la placera. Subterfuge auditif qui augmentera encore le suspense. Le spectateur sera aspiré dans le spectacle et se retrouvera plongé dans la situation oppressée. Avant d’être à nouveau apaisé, de main de maître. Pour un atterrissage en douceur. Heureusement.

Conception, chorégraphie – Lisbeth Gruwez
Interprétation – Lisbeth Gruwez, Nicolas Vladyslav
Composition, sounddesign – Maarten Van Cauwenberghe
Dramaturgie – Bart Vandeneynde
Scénographie – Marie Szersnovicz
Création lumières – Harry Cole
Assistante lumière — Caroline Mathieu

Production — Voetvolk vzw
Coproduction – La Bâtie, Festival de genève ; KVS, Bruxelles ;  Le Phare CCN du Havre Normandie ; Theater Im Pumpenhaus ; Les Brigittines, Bruxelles ; Tandem Arras-Douai ; Troubleyn/Jan Fabre
Résidences — Troubleyn/Jan Fabre ; Bud Kunstencentrum ; Stuk, Louvain ; Les Brigittines, Bruxelles ; Le Phare Centre chorégraphique national du Havre Normandie
Avec le soutien de Nona, de Vlaamse Gemeenschap

Répétitions au Phare du 25 au 29 avril 2016
Création Julidans 2016 & Festival d’Avignon

Image du spectacle