Dominique Boivin et Joëlle Léandre

Laboratoire de recherche
 
Je tire de ma contrebasse mes sons de la cave quand Dominique récupère ses gestes dans le grenier. De cette maison qui passe de la terre au ciel, se retrouve aussi un croisement, de ceux qui tracent, lient, relient le rêve à la réalité. Mon grand père cassait les chaînes dans un cirque pendant que l’oncle de Dominique, faisait le clown… Oui l’un et l’autre étaient des saltimbanques… Une «Strada» parentale, une route à prendre?
-— Joëlle Léandre

Ils rient de leurs racines et du comportement qu’elles induisent: les prolos et les pauvres ne jettent pas, non ils amassent, ils trient et conservent. Joëlle pourrait être le clown blanc et moi l’auguste au nez rouge, tous deux issus d’un cirque en dur, ceux-là mêmes qui ont fait nos joies de gosses et bien sûr ces clowns nous font penser à des clochards avec leurs papiers, sacs-poubelle, balais et poussières. Être sur la corde raide, la disposer dans l’espace pour inventer de nouveaux sons, tirer le diable par la queue, et récupérer du crin pour en faire un archet, faire des noeuds, faire des chaînes, des rondes, des blanches et des soupirs.
-— Dominique Boivin

Elle viendra avec ses fils tendus sur sa contrebasse ou ailleurs, et lui avec ses gestes de moineau, ils mettront un pied et un son devant l’autre pour dire tout le bien qu’ils pensent de leurs souvenirs populaires.
C’est quoi un bruit, un éclairage, un geste, un accessoire de «prolo»?

Biographie


Après avoir suivi une formation en danse classique, Dominique Boivin suit les cours de Carolyn Carlson puis accède à la formation d’Alwin Nikolais au CNDC d’Angers. En 1980 il part à New York où il suit les enseignements de Merce Cunningham et de Douglas Dunn.
De retour en France en 1981, il crée sa compagnie Beau Geste et s’intègre dans la mouvance de la Nouvelle danse française. Une de ses plus importantes créations est un solo intitulé La Danse, une histoire à ma façon où il présente, à sa manière, les travaux des grands chorégraphes contemporains du XXe siècle comme Pina Bausch,Merce Cunningham ou Martha Graham — elle sera présentée pendant plus de dix ans. Il se fait également connaître du grand public avec des représentations dans des lieux publics à partir de 2005 de Transports exceptionnels, duo entre un danseur et une pelleteuse de chantier rencontrant un grand succès.

Joëlle Léandre est une contrebassiste française de musique contemporaine, de musique improvisée et de jazz. Elle est également vocaliste : même si cela n’est guère crédité, elle complète très souvent de sa voix ses improvisations instrumentales. En musique contemporaine, Joëlle Léandre a travaillé avec Merce Cunningham, Morton Feldman et John Cage. Elle s’est produite avec l’Ensemble InterContemporain et l’ensemble 2E2M. Les compositeurs John Cage, Betsy Jolas et Giacinto Scelsi lui ont composé des pièces. Elle a beaucoup écrit pour la danse (notamment pour Josef Nadj et Cécile Loyer), le théâtre, et réalisé plusieurs performances multidisciplinaires. Son rayonnement est international ; ses activités de créatrice et d’interprète, tant en solo qu’en ensemble, l’ont conduite sur les plus prestigieuses scènes européennes, américaines et asiatiques. Elle a enregistré cent quinze disques. Elle enseigne actuellement l’improvisation et la composition aux États-Unis.

Laboratoire de recherche du 18 au 27 septembre 2014 au Phare

Avec – Dominique Boivin, Joëlle Léandre et Goury