Cocagne

Création 2018
 

Loin des famines et des guerres, Cocagne est une terre de fêtes et de bombances perpétuelles, d’inversion des valeurs et des lois naturelles, où l’on prône le jeu et la paresse, et où le travail est proscrit. – Wikipédia


«Un homme fait le projet de dessiner le Monde. Les années passent : il peuple une surface d’images de provinces, de royaumes, de montagnes, de golfes, de navires, d’îles, de poissons, de maisons, d’instruments, d’astres, de chevaux, de gens. Peu avant sa mort, il s’aperçoit que ce patient labyrinthe de formes n’est rien d’autre que son portrait.»  Jorge Luis Borgès


 

Je souhaite poursuivre avec cette pièce pour neuf interprètes, un cycle amorcé avec Tombouctou déjà-vu, qui convoquait au plateau une communauté à l’épreuve de l’altérité.
Dans Cocagne, neuf personnages composent et recomposent de grandes fresques vivantes, dans une frontalité volontairement picturale, mettant en jeu une communauté traversée par une succession d’émotions.
Si le pays de cocagne est une terre fantasmée, par métaphore, nous jouons sur la fabrication des images, ce qu’elles nous transmettent de notre histoire et sur leur capacité à interpeller notre imaginaire.

La question de la représentation constitue ainsi le propos central de Cocagne et puise sa matière dans les grandes questions qui ont été soulevées, tant d’un point de vue de l’histoire de l’art que de l’«Histoire» elle-même.
En s’inspirant de sources iconographiques marquantes pour générer le travail d’écriture et de composition avec les interprètes (en effet ces «images» ne seront pas présentes physiquement au plateau), je souhaite interroger également la question du «montage» et de la dialectique des images : comment composer une relation aux images qui fasse sens, permettant une construction du regard, dans un quotidien où celles-ci communiquent plus qu’elles ne manifestent leur nature d’image (Marie-José Mondzain)?
La dialectique à l’œuvre sera celle explorée par Georges Didi-Huberman à travers l’idée d’une «puissance du négatif», qui explore association et contradiction, avec l’idée d’«embrassements conflictuels».
Appliquée au travail sur les émotions, qui a longtemps guidé mon travail, cette recherche poursuit un questionnement sur l’extase que j’ai mené en 1999 au département de neurologie d’Iowa city auprès du professeur Antonio Damasio.

Nous travaillerons une iconographie fictive et en mouvement qui ne reniera pas la question de la représentation du pathos (souffrance, passion, affect) et donc sa dimension émotionnelle, pour tenter ainsi d’installer chaque signe dans la durée, de transgresser sans cesse les limites de l’allusion ou de l’allégorie pour occuper sans mesure le cœur même des choses… (Roland Barthes, une tragédienne sans public).

Creuser l’espace pour donner lieu à d’autres visions, d’autres points de vue, et permettre ainsi un jeu de focales qui déplace le regard du spectateur et le fait voyager dans des territoires, où le réel d’une situation bascule vers un espace fantasmé, où le rire succède à la tragédie, et la joie à la colère… soit notre encyclopédie fictive des passions.

— Emmanuelle Vo-Dinh

REPRÉSENTATIONS

14.02.19 — Théâtre national de Chaillot, Paris
13.02.19 — Théâtre national de Chaillot, Paris
12.02.19 — Théâtre national de Chaillot, Paris
25.01.19 — Le Phare, Pharenheit #19 — programmation Le Volcan, Scène nationale du Havre
24.01.19 — Le Phare, Pharenheit #19 — programmation Le Volcan, Scène nationale du Havre
23.01.19 — Le Phare, Pharenheit #19 — programmation Le Volcan, Scène nationale du Havre
22.01.19 — Le Phare, Pharenheit #19 — programmation Le Volcan, Scène nationale du Havre
04.12.18 — Le Rive Gauche, Saint-Étienne-du-Rouvray
28.11.18 — Dieppe Scène Nationale

conception et scénographie — Emmanuelle Vo-Dinh
interprétation — Violette Angé, Gilles Baron, Alexia Bigot, Aniol Busquets, Maeva Cunci, Jean-Michel Fête, Cyril Geeroms, Camille Kerdellant, David Monceau
accompagnement artistique — Sabine Macher
musique originale — David Monceau, Emmanuelle Vo-Dinh
lumières — Yannick Fouassier
costumes — Maeva Cunci, Salina Dumay
construction décor — Christophe Gadonna, Vincent Le Bodo
régie générale — Christian Le Moulinier

production — Le Phare, Centre chorégraphique national du Havre Normandie
partenaires (en cours) — Théâtre national de Chaillot ; Le Volcan, Scène nationale du Havre ; Dieppe Scène Nationale ; Le Rive Gauche, Scène conventionnée danse de Saint-Étienne-du-Rouvray ; Opéra de Rouen…

répétitions au Phare — 21 au 23 novembre 2016 ;
2017 : 20 au 24 mars, 2 au 11 mai, 12 au 16 juin, 30 octobre au 3 novembre ;
2018 : 12 au 16 février, 2 au 6 avril, 14 au 18 mai, 11 au 15 juin.
création — 28 novembre 2018 à Dieppe Scène Nationale

Le Phare, Centre chorégraphique national du Havre Normandie, est subventionné par la DRAC Normandie / Ministère de la Culture, la Région Normandie, la Ville du Havre et le Département de Seine-Maritime.
Le Phare remercie son cercle des mécènes : Établissements Hettier et le Crédit Coopératif (Le Havre).

Image du spectacle