Biographie

Les processus de la chorégraphe Emmanuelle Vo-Dinh découlent de principes structurels fouillés, chaque fois remis en jeu. Sous une disparité apparente, de claires lignes sous-tendent son écriture.

Les recherches du neurologue Antonio Damasio, sur l’importance des émotions inspirent des pièces fondatrices : Texture/solo et Texture/Composite. Sagen puise dans l’antipsychiatrie de Jean Oury, sur la schizophrénie. Les thèses de Françoise Héritier sur le féminin/masculin inspirent -transire- et -insight- (2010, 2013). La densité de ces thèmes aiguise l’exploration des corps.

Emmanuelle Vo-Dinh poursuit aussi un parti minimaliste répétitif (CROISéES, White light, Ici/Per.For 2005, 2006), même ludique dans Aboli Bibelot… Rebondi (2008), jusqu’à épuisement dans Sprint (2013). Elle s’attache aux grandes écritures musicales de Zeena Parkins, Dusapin, Grisey ; également aux arts visuels. Des échappées plus théâtrales teintent ses compositions récentes : Tombouctou déjà-vu (Avignon 2015), Cocagne (2018). Son écriture du mouvement, très aboutie, déjoue toujours les évidences du sens.

Emmanuelle Vo-Dinh est la directrice du Phare, Centre chorégraphique national du Havre Normandie depuis 2012.

— Gérard MAYEN
Critique de danse
Mars 2020