Ad astra

Création 2009
 
Les représentations du corps féminin qui traversent le 19e siècle, ces figures animales ou végétales, intrigantes, souvent inquiétantes, recèlent une variété d’images et d’états imaginaires que Emmanuelle Vo-Dinh a choisi de scruter dans un quatuor plein de nuances. Ces «idoles de la perversité» comme les nomme Bram Dijkstra, faisant écho aux constructions sociales, politiques ou médicales de l’époque, se retrouvent transfigurées, comme des figurines de papier prenant vie sur scène, inventant peu à peu leurs propres mouvements, leur propre manière d’apparaître au regard.

Les quatre danseuses de Ad Astra ont plongé dans ce vaste continent souterrain, à la frontière du rêve et de la réalité. De tableau en tableau, de figure en figure, travaillant comme on tournerait les pages d’un livre, elles ont ramené à la surface une série d’allégories, de postures exposant les facettes mystérieuses de la féminité. Quatre états ont émergé de cette incarnation singulière : la femme-animale, dangereuse ou vampirique. La femme-chimère, ouvrant à tous les croisements mythologiques ou fantastiques. La femme-sorcière, vénéneuse et séduisante, enfin la belle endormie, absente au monde, toujours au bord de l’évanouissement. Se les réappropriant pour les ramener dans des corps contemporains, les danseuses engendrent d’autres atmosphères autour de l’étrange mélancolie dégagée par ces images, elles les investissent d’autres affects, d’autres énergies.

Les traits de ces figures se dessinent en solo, inscrivant des lignes, des échos qui circulent de corps en corps au sein du quatuor. Un paysage de métamorphoses envahit la surface qui les absorbe — dans laquelle elles se fondent, entraînées vers une forme toujours plus immatérielle. Avec cette pièce, Emmanuelle Vo-Dinh remet en jeu deux parts de son travail, agissant ici en tension : le figural, qui découpe les silhouettes, extrait les émotions travaillant le corps de l’intérieur. Et la part abstraite tendant au fondu des contours, des couleurs, vers un clair-obscur des sensations : Ad Astra, vers l’étoile.
— Gilles Amalvi

REPRÉSENTATIONS

14.03.14 — Théâtre Paul Eluard, Bezons
01.12.12 — La Pointe-de-Caux, Gonfreville l’Orcher
11.04.12 — Le Volcan, Scène nationale du Havre
24.03.12 — THV de Saint-Barthélémy d’Anjou
17.03.12 — Le Phare, CCN du Havre Haute-Normandie
31.05.11 — Scène nationale 61, Alençon
08.03.11 — Scène nationale de Mâcon
15.02.11 — Le Rive Gauche, St-Étienne-du-Rouvray
22.01.11 — Festival Art Danse, Dijon
08.06.10 — Théâtre de l’Aquarium, Paris
11.02.10 — L’Arsenal, Metz
14.05.09 — Le Triangle, Rennes
13.05.09 — Le Triangle, Rennes
29.04.09 — Nouveau Théâtre de Montreuil
28.04.09 — Nouveau Théâtre de Montreuil
27.04.09 — Nouveau Théâtre de Montreuil

conception – Emmanuelle Vo-Dinh
chorégraphié en collaboration avec les interprètes – Alexia Bigot, Maeva Cunci, Sarah Degraeve, Pénélope Parrau
assistante chorégraphique – Micheline Lelièvre
création musicale – David Monceau
lumières – Françoise Michel
scénographie – Emmanuelle Vo-Dinh et Françoise Michel
réalisée par – Hans Walter Müller
vidéo – Marie-Elise Beyne
conception costumes – Corine Petitpierre
réalisation costumes – Anne Tesson

production – Le Phare, CCN du Havre Normandie ; Sui Generis
coproduction – Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis ; Arcadi (Action régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile-de-France) ; L’Arsenal, Metz ; Le Triangle, Rennes

Avec le soutien de l’Adami, de la Ménagerie de Verre dans le cadre de Studiolab et de American Supply.
Remerciements à Odile Duboc, au Musée de la danse/Centre Chorégraphique National de Rennes et de Bretagne et à Philippe Houset.

Le Phare, Centre chorégraphique national du Havre Normandie, est
subventionné par la DRAC Normandie / Ministère de la Culture et
de la Communication, la Région Normandie, la Ville du Havre
et le Département de Seine-Maritime.
Le Phare remercie son cercle des mécènes : Établissements Hettier
(Le Havre), la CRAM (Le Havre) et NPC (Alizay).

Image du spectacle